Un Mondial 2026 à la sauce Donald Trump

Racisme, pollution extrême, droit de visa et prix des places exorbitant, géopolitique... Le Mondial 2026 porte bien la signature de Donald Trump qui fait partie du parti républicain dont le symbole est un éléphant. Et un éléphant, ça trump énormément.  

Image de couverture de Un Mondial 2026 à la sauce Donald Trump
Le Mondial 2026, du 11 juin au 19 juillet 2026, va battre des records en matière de pollution atmosphérique, aggravant encore le réchauffement de la planète.

Racisme sous couvert de contrôle de l’immigration

Né le 6 juin 1992 à Mogadiscio, Omar Abdulkadir Artan est désigné meilleur arbitre africain en 2025. Il fait partie de trois arbitres centraux africains sélectionnés pour la coupe du monde. Il sera pourtant refoulé aux frontières des États-Unis, malgré un visa en règle, car originaire d’un pays touché par le décret migratoire de Donald Trump. Ainsi, Omar Artan "a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents" soi-disant liés à Al-Shabaab, un groupe terroriste affilié à Al-Qaïda, qui contrôle 30% du territoire. « C’est un pays arriéré, probablement le pire », disait Donald Trump en parlant de la Somalie. Aucun citoyen somalien n'a donc le droit d'entrer sur le sol américain. Mais il n’y a pas que la Somalie. En fait, derrière le paravent du contrôle de l’immigration se cache un racisme décomplexé.

Le 14 janvier 2018, Donald Trump, en amateur de golf qu’il est, a qualifié les pays d’Afrique et d’Haïti de “shithole”. Trou de balle. Il recevait alors à la Maison-Blanche des sénateurs pour discuter d’un projet de réforme de l’immigration. “Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de trouduc viennent ici ? Il nous faudrait plus de gens venant de Norvège”, disait-il. Bien sûr, par hypocrisie, comme tous les racistes qui se respectent, il niera avoir tenu de tels propos.

Enfin, les supporters africains qui veulent assister au Mondial 2026 doivent s’acquitter de cautions qui peuvent aller jusqu’à 15.000 $ afin de garantir leur retour dans leur “shithole countries” respectifs. Arrivées sur place, ils doivent payer les prix d’entrée de 60 $ (le Smic malgache en ariary) à 4000 $ la finale (on a renoncé à calculer).

Record de pollution au pays du climatosceptique

Donald Trump est un climatosceptique. Il fait partie de ceux qui mettent en doute et conteste le consensus scientifique sur le réchauffement climatique : son ampleur, sa gravité et l’impact direct des activités humaines sur celui-ci. “C’est la plus grande arnaque au monde le changement climatique”, disait-il à la tribune des Nations-Unies. Cela ne lui fera donc ni chaud ni froid de savoir que le Mondial 2026 sera le plus polluant de l’histoire. Il aggraverait le réchauffement de la planète deux fois plus qu’il y a quatre ans en relâchant dans l’air 5 à 9 millions de tonnes de CO2. En cause : le déplacement des participants et des supporters dans les seize stades de la compétition, dispersés au Mexique, au Canada et dix aux États-Unis. En outre se pose le problème de la climatisation de ces stades car l’événement se déroule en plein été boréal.

Mais il y aussi les droits télé (4 milliards $, dépassant le matelas de devise de la Banque centrale de Madagascar) dont les publicités incitent « à la surconsommation » de nombreux produits et le streaming vidéo, une activité très énergivore car nécessitant des centres de données qui tournent en continu, des réseaux de télécommunication et des appareils électroniques. 1 heure de streaming vidéo génère entre 6 g et 57 g de CO₂, soit l’équivalent de l'impact d'un train à grande vitesse qui roulerait sur une distance de 2 km à 20 km.

Le Mexique et le Canada, des faire-valoir

Quand on parle du Mondial 2026, on a tendance à penser USA. Effectivement, le Mondial 2026 a beau être organisé conjointement avec le Mexique et le Canada, ce sont les États-Unis qui mènent la balle. Mitondra ny baolina ! C’est à l’image de la situation géopolitique du moment dans cette région du monde.

Le 15è et 47è président des États-Unis à la fois n’a-t-il pas déjà dit que le Canada est le 51è État des États-Unis ? Et le Mexique que Donald Trump méprise tant parce que source d’immigration clandestine et foyer de criminalité ? N’en parlons même pas. N’a-t-il pas déjà changé le nom du golfe du Mexique en golfe d’Amérique ? “Nous n’avons besoin de rien de ce que le Canada ou le Mexique ont”, disait Donald Trump en rejetant le renouvellement de l’accord de libre-échange nord-américain entre les États-Unis, le Mexique et le Canada (ACEUM).  

On ne peut finir sans parler des malheurs de l’équipe d’Iran. Victime collatérale de la “Furie épique” des États-Unis, c’est ainsi que Washington baptise l’agression militaire contre le pays des mollahs depuis février 2026, les footballeurs iraniens n’ont pas le droit d’entrer aux États-Unis que le jour des matches pour répartir, aussitôt la compétition terminée, rejoindre leur camp de base au Mexique. Stress, fatigue et énervement. Leurs adversaires en profiteront, quoique ce n’est pas fair-play. Par dépit, la délégation iranienne a déjà déclaré qu’elle quittera la compétition en cas de manifestation politique hostile. La Fifa, longtemps un État dans l'État, est finalement rattrapée par le politique.  

Les Jeux Olympiques 2028 vont se dérouler à Los Angeles. Donald Trump sera encore aux manettes à ce moment-là. Le contrôle aux frontières, la pollution et d'autres trumperies risquent encore de battre des records. 

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