Ragidro vs Rainiboto, ces Malgaches qui ont combattu le nazisme

Quand on commémore le 8 mai (en Europe, 9 mai en Russie) qui marque la fin de la Seconde guerre mondiale, on parle toujours des “Ikoto”, surnom donné par les soldats malgaches aux Anglais, et des “Ingahindriana”, les Américains. On a tendance à oublier que plusieurs milliers de nos compatriotes ont participé, comme leurs frères d’armes africains et indochinois, à la libération de l’Europe en général et de la France en particulier ainsi qu'à la défaite du nazisme. Leur héroïsme mérite une citation au chapitre de l’histoire. Contribution.

Image de couverture de Ragidro vs Rainiboto, ces Malgaches qui ont combattu le nazisme
Il a un nom. Mais il demeure le soldat inconnu, comme tous ceux qui venaient d’Afrique. Il n’est pas tombé pour la France, il est mort pour sauver l’humanité du péril nazi.

Ce ne sont pas les Français de France qui ont gagné la guerre, mais nous...

Plus de 40.000 Malgaches étaient enrôlés dans l’armée française durant la Seconde guerre mondiale. 27.676 affectés à la défense de Madagascar et 14.675 envoyés en France. Les unités malgaches, distinctes des troupes sénégalaises, comprenaient des bataillons de marche et des chasseurs et étaient présents dans la zone des armées, participant courageusement aux combats. Deux unités d'infanterie à recrutement malgache sont engagées lors de la campagne de France, la 42e demi-brigade de mitrailleurs coloniaux et le 41e régiment de mitrailleurs d'infanterie coloniale  

La 42e demi-brigade de mitrailleurs coloniaux (42e DBMC), composée de soldats français et malgaches, défend le passage de la Meuse à Monthermé (Ardennes), du 13 au 15 mai 1940, sous les ordres du Lieutenant-Colonel de Pinsun. Les exploits de la 42e DBMC constituent une très belle page d’histoire des unités coloniales de la campagne de 1939-1940. Face aux 3 000 combattants de la 42e DBMC se trouvent la VIe Panzerdivision, soit 216 chars, 8 000 combattants et 36 canons, appuyés par les redoutables Stukas. Le 13 mai au matin, tous les points d’appui du secteur sont soumis à un bombardement d’artillerie d’une extrême violence accompagné par l’aviation d’assaut bombardant en piqué. Les premiers éléments d’infanterie adverse montés sur canots pneumatiques franchissent la Meuse. Les défenseurs réagissent et de nombreuses embarcations sont coulées. Les mortiers tentent d’arrêter les vagues d’assaut. Européens et Malgaches se battent à un contre trois. Écrasés par la supériorité numérique et matérielle, ils accomplissent leur mission jusqu’au bout. Le 15 mai au lever du jour, l’aviation allemande attaque de nouveau en masse. À 9 heures du matin, les derniers défenseurs sont capturés. La 42e DBMC est disloquée après de durs combats et la perte de près de 75 % de ses effectifs. Parmi les survivants, le sergent-chef Ralaivo, par la suite décoré de la Médaille militaire et de la Croix de guerre avec palme.

Le 41e régiment de mitrailleurs d'infanterie coloniale (41e RMIC) a, quant à lui,  combattu avec ardeur sur le front de la Sarre et le canal de la Marne au Rhin, notamment à Holving. Malgré une défense déterminée, l'unité subit de lourdes pertes et est dissoute en juillet 1940.

De nombreux Malgaches ont également servi dans les régiments d'artillerie lourde divisionnaire (RALD) et d'autres unités mixtes, souvent avec du personnel européen. Ainsi, du 18 mai au 4 juin 1940, sur le front de la Somme où le colonel de Gaulle lui-même s’était illustré à la tête d’une Division blindée, des artilleurs malgaches du 21ème Régiment d’Artillerie Coloniale furent opposés à l’armada allemande. Deux Malgaches s’illustrèrent particulièrement sur ce front : le Canonnier Nasy, qui trouva la mort à son poste, ainsi que le Canonnier Rainisaka, grièvement blessé. Un troisième Canonnier a trouvé une mort glorieuse sur ce même front, Rakotoniaina. Mais il y avait également, toujours sur le front de la Somme, le lieutenant Pierre Razafy-Andriamihaingo (1914-1997), fraîchement sorti de l’École d’Application d’Artillerie Lourde de Fontainebleau, en 1939.

Lors de la « deuxième bataille de la Meuse » du 9 au 20 juin 1940, le Canonnier Rakotojaona trouve la mort en combattant quasiment au corps à corps des éléments motocyclistes allemands, tandis que la Canonnier Radolo, fut frappé à son poste par de violents bombardements ennemis à Chaumont-sur Air (Meuse). Enfin, l’Infirmier-Tirailleur Samuel Ramarapilo, fut très grièvement blessé en continuant à soigner des blessés sur le front malgré le feu nourri ennemi lors de la retraite de l’armée française, le 23 juin 1940.

Après l’armistice du 22 juin 1940, qui officialise la défaite française et divise la France en deux zones, près de 9 000 Malgaches sont faits prisonniers et restent bloqués durant la guerre dans des camps de prisonniers « frontstalag » en France. Ils ne seront plus que 3 888 en 1942.

Plusieurs milliers de soldats noirs ont été massacrés par l'armée allemande après leur capture lors de la débâcle. Ces actes témoignent de la haine raciale nazie, les soldats africains étant perçus comme inférieurs ou indignes de combattre des soldats blancs.  Léopold Sédar Senghor, futur président du Sénégal, alors soldat, a mentionné qu'un officier allemand voulait le fusiller, lui et d'autres prisonniers africains, lors de sa capture le 20 juin 1940.

En juin 1940, contraints à une marche forcée, des soldats malgaches faits prisonniers par les Allemands quittent la ville de Commercy. Quand ils atteignent la ville de Laxou, ils se plaignent de n’avoir ni à manger, ni à boire. Afin d’endiguer une éventuelle mutinerie, leurs gardiens choisirent sept d’entre eux et les fusillèrent sur place. Les corps de ces malheureux reposent désormais au cimetière de Laxou où un monument est érigé à leur mémoire.

Mais plus généralement, les prisonniers malgaches, sous les ordres des “Rainiboto” (de rain boots, bottes de pluie, surnom donné aux Allemands), sont affectés comme travailleurs à l’extérieur des camps et employés à des tâches à caractère civil.

L’appel du 18 juin

Certains prisonniers ou déserteurs ont pu s’enfuir et gagner les rangs des Forces françaises de l’intérieur (FFI) après l’appel du 18 juin du Général de Gaulle pour rejoindre les nombreux maquis qui se mettent sur pied (Vercors, Ardennes, Vosges). Les résistants malgaches se donnent alors pour nom de code “Ragidro”, inspiré de maquis qui résonne comme maki, le lémurien endémique de Madagascar.

L’histoire a retenu le nom de Justin Resokafany, vraisemblablement un gars du Sud, fait prisonnier en juin 1940 et qui s’évada du frontslag 135 (Rennes), le 4 septembre. Grâce à l’aide de pêcheurs bretons, il parvint à passer en Angleterre et s’engagea dans les FFI. Affecté à la 1ère DFL, il participa aux campagnes de Tunisie et d’Italie. C’est au cours de cette dernière qu’il fut à nouveau capturé, ramené en France et interné au frontslag 153 (Orléans). Le 11 juin 1944, pour la deuxième fois, il faussa compagnie à ses gardiens et parvint à rejoindre la région de Châteauroux, où il fut incorporé aux FFI de l’Indre. Il participa alors aux combats de la libération de la région. Il obtint plus tard la croix de guerre avec étoile d’argent et fut cité à l’ordre de la Division.

Les Malgaches ont participé à la poursuite des troupes allemandes dans tout le sud de la France, menant à la libération de Montpellier, de Toulouse, de Bordeaux et de Perpignan. C’est notablement le cas du Maréchal-des-logis Norbert Rakotomanga, qui fut tué à son poste de combat le 30 septembre 1944

Ici, on croise de nouveau Pierre Razafy-Andriamihaingo que l’on a déjà vu sur le front de la Somme. Il fait partie des premiers résistants qui a rejoint le « réseau du Musée de l’Homme », l’un des premiers organismes clandestins de résistance, né de manière spontanée dès l’appel du général de Gaulle. Ce mouvement clandestin est réparti en huit groupes aux activités propres comme l’évasion de prisonniers (grâce à de faux certificats de maladie et le recrutement de passeurs), la propagande (les journaux “Résistance” et “Vérité française” sont créés respectivement en septembre et décembre 1940) et le renseignement (collecte d’informations et leur acheminement vers Londres). 
Avec son petit frère Paul Andrianome, militaire également, ainsi que Suzanne Raharimihaja Rabemananjara (1915-2000), qu’il épouse en 1935, Pierre Razafy-Andriamihaingo prit d’énormes risques en faisant évader et en cachant des prisonniers malgaches et réunionnais pour ensuite assurer leur passage en zone libre afin qu’ils rejoignent les maquis. Leurs compagnons de résistance au sein des FFI ont pour nom Geneviève Anthonioz-De Gaulle, neveu du Général, et Edmond Giscard d’Estaing, père du futur président français Valéry Giscard d’Estaing.

Pierre Razafy-Andriamihaingo est cité à l’ordre du corps d’armée comportant attribution de la Croix de guerre avec étoile de vermeil et attributaire du diplôme d’Honneur de la Résistance et de la médaille correspondante, tandis que Suzanne Raharimihaja Rabemananjara est distinguée de la Croix du Combattant et la Croix du Combattant volontaire de la Résistance à la libération.

Mais on n’en est pas encore là. La guerre continue et les militaires malgaches y participent activement avec bravoure.

La bataille de Bir-Hakeim

Après l’armistice, l’artillerie des Forces françaises libres obtient le ralliement de nombreux Malgaches. Lors du débarquement allié à Dakar, neuf soldats malgaches s’illustrent particulièrement, parmi lesquels le Sergent Rajoelson, le Caporal Reby et les Tirailleurs Reharatra et Zafikely. La bataille de Dakar, ou Opération Menace, a eu lieu du 23 au 25 septembre 1940, opposant une flotte alliée (britannique et Forces françaises libres) aux forces de Vichy. L'objectif était d'obtenir le ralliement de l'Afrique-Occidentale française (AOF), mais l'attaque a échoué face à une résistance vichyste déterminée.

Au Proche-Orient, un Groupe d’Artillerie Mixte Malgache faisait partie de la 1ère Brigade Mixte française Libre du général Koenig. Parmi son effectif, on peut citer l’Adjudant Rasoamanana et le Canonnier de 2ème classe Ramoravelo, par la suite cité à l’Ordre de l’Armée avec attribution de la Croix de guerre avec palme. Lors de la campagne de Syrie, du 8 juin au 10 juillet 1941, les militaires malgaches rejoindront la 1ère Division Légère Française Libre, au nombre desquels furent les valeureux Canonniers Ralaizanaka et Rakotosihanaka.

Par la suite, la 1ère Brigade Française Libre rejoint la 8e Armée britannique en Libye. Après sa participation à la prise d’Halfaya, en janvier 1942, le Régiment se distingue à Bir-Hakeim. La bataille de Bir-Hakeim, au milieu du désert de Libye, au sud de Tobrouk, s’est déroulée du 26 mai au 11 juin 1942. Pendant ces seize jours, la 1ère brigade française libre du Général Koenig résista aux attaques des armées motorisées italiennes et allemandes (l’Afrika Korps) dirigées par le Général Rommel.

Dans cette bataille, Le 1er RAC constitue la seule artillerie de la place. Ses artilleurs malgaches firent preuve d’un sang-froid admirable. Le régiment, malgré les bombardements des stukas, les tirs de contre-batterie de l’artillerie allemande, les assauts de l’Afrika-Korps et des Italiens, tient bon du début de la bataille, le 27 mai, jusqu’à l’évacuation de la position dans la nuit du 11 au 12 juin 1942. Le bilan est lourd : Le 1er RA laisse 64 tués à Bir-Hakeim, dont sept officiers, et 16 canons hors d’usage sur 24. Mais La Luftwaffe, qui a épuisé son carburant au cours de 1 400 sorties au-dessus de Bir-Hakeim, n'en a plus assez pour poursuivre et bombarder les colonnes des forces françaises libres et britanniques qui s'échappent. Le répit ainsi gagné par les Français libres permit aux Britanniques, alors en mauvaise posture, de se replier puis de triompher à El Alamein.

A Bir-Hakeim, certaines pièces d’artillerie sont enterrées profondément dans la place. Les batteries motorisées, avant l’encerclement de la position, harcèlent les colonnes du Général Rommel en appui des bataillons d’infanterie. 42 000 obus de 75 mm seront tirés par l’artillerie coloniale française.

La campagne d’Italie

La suite logique de la victoire en Afrique du Nord était la conquête de la Sicile afin de libérer les routes maritimes en Méditerranée. La campagne débuta le 10 juin 1943 par l’invasion de l’île de Pantelleria, située entre la Sicile et la Tunisie.

Quand le Corps Expéditionnaire Français, placé sous le haut commandement du Général Juin, entame en avril 1944 la campagne d’Italie avec la prise de Rome dès le 5 juin 1944, des éléments malgaches y participent, notamment au sein des services de l’intendance, de la santé et du transport. Cette fois-ci, étant parvenus dans le sillage du corps expéditionnaire français à ouvrir la route pour la conquête du nord de l’Italie, des combattants malgaches du 1er Régiment d’Artillerie de la Division Motorisée d’Italie sont activement présents pour le contrôle de l’axe routier donnant accès au mont Amiata dans la région de Sienne.

Dans son carnet de route, le Lieutenant Georges Von Den Bogaert du 1er régiment d’Artillerie Coloniale du Levant (RACL) parle du “jeep de Rakotozafy” qu’il décide de conduire lui-même. Il s’agit probablement du cultivateur Rakotozafy, né à Ambohimahamanina en 1918, appelé et incorporé à Tananarive le 31 juillet 1939. En service au sein du régiment d’artillerie coloniale du Levant, il est engagé dans ses opérations à Casablanca lors du débarquement mené du 8 au 11 novembre 1942 qui permet aux alliés de prendre pied sur le sol africain. Puis, il débarque à Naples et participe à la campagne d’Italie du 30 janvier au 31 juillet 1944 notamment à la bataille du Garigliano et à la prise de Rome. Les combats l’emmènent jusqu’à Sienne. Rembarqué à Brindisi le 1er août 1944, toujours en service au sein du régiment d’artillerie coloniale du Levant, intégré au sein de la 1ère division française libre devenue 1ère division militaire d’infanterie, il débarque sur la plage de Cavalaire le 17 août 1944, participe à la libération de Toulon du 20 au 26 août puis à la campagne pour la Libération de la France qui s’en suit (Vallée du Rhône, St-Etienne, Pontarlier, Luxeuil). Il est nommé brigadier le 1er octobre 1944.

Rakotozafy est revenu sain et sauf à Madagascar, le 6 août 1946, décoré de la croix du combattant, de la médaille de la reconnaissance de la Nation, de la médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 avec agrafes France, Afrique, Italie, Libération et de la médaille commémorative de la campagne d’Italie.

Le débarquement en Provence

Après le débarquement en Normandie, il fallait créer un second front pour alléger la pression sur la Normandie et libérer les grands ports méditerranéens (Toulon, Marseille). C’est le débarquement de Provence qui a fait du général de Lattre de Tassigny un des chefs militaires qui restaurent la crédibilité militaire de la France en 1944-1945.

Sur la liste de ceux qui ont participé au débarquement de Provence figure Rasona dont la mémoire est sauvée de l’oubli par les recherches des élèves de l’école Bird à l’occasion du 81e anniversaire du débarquement, en 2025. Né vers 1906 à Andranotakatra (province de Fianarantsoa), fils de Rainizafindrasoa et de Ramanantenasoa, ce brave cultivateur s’est enrôlé dans l’armée coloniale et a participé à la protection de l’île du Levant, une zone stratégique pour la défense des ports méditerranéens.

Des combattants malgaches sont aussi présents jusqu’en Indochine face aux Japonais, en particulier au sein de la Brigade Coloniale d’Extrême-Orient, en 1945, peu avant le moment où l’Empire du Soleil Levant s’effondre sous les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Un sujet de recherches pour les passionnés d’histoire.

En fait, comme il est déjà dit plus haut, tous les enrôlés malgaches ne sont pas allés combattre en Europe, une grosse part était restée à Madagascar même, alors qu’il fallait soustraire le pays à l’administration vichyste du Gouverneur général, le Général Armand Annet.

La campagne militaire du 4 mai au 6 novembre 1942, menée conjointement par les Britanniques et les Français Libres, vit s’illustrer particulièrement des combattants malgaches, notamment ceux du 2ème Régiment Mixte de Madagascar, de la Batterie de D.C.A de Diego-Suarez et de la Compagnie du Génie de l’Emyrne. Ces formations ont été successivement citées à l’ordre de l’Armée, à l’ordre du Corps d’Armée et à l’ordre de la Division. Quant aux hommes, ils ont notamment pour noms le Lieutenant Ramanantsoa, futur chef d’État malgache, le Sergent-chef Rafaralahy et le Sapeur Paul Rakoto qui furent décorés de la Croix de guerre avec palme. Défait, le Général Annet est condamné à la dégradation nationale en 1947 avant d’être amnistié en 1954.

La désillusion

À la libération (enfin !), les combattants malgaches connurent différents sorts. Après la guerre, durant laquelle il est élevé au grade de capitaine, Pierre Razafy-Andriamihaingo reprit ses études. Il devient architecte-Urbaniste DPLG après des études à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et au London Architecture School. Il est à l’origine de la création de l’Ordre des Architectes de Madagascar, en 1956. On lui doit le plan de plusieurs édifices publics, entre autres : le Palais de Justice à Anosy, le Palais de l’Assemblée nationale à Tsimbazaza, l’immeuble de la Poste à Analakely, la Cité des Jardins à Anosy, le gare d’Andasibe, l’immeuble du ministère du Commerce à Ambohidahy et celui du ministère de l’Énergie à Ampandrianomby.

Pierre Razafy-Andriamihaingo a également suivi une formation au Centre des Hautes Études Administratives de l’École Nationale d'Administration (ENA Paris) en 1950-1951 et, à l’indépendance, devient ambassadeur de Madagascar au Royaume-Uni, en France, en Italie, en Grèce, en Turquie, en Espagne, au Portugal, au Saint-Siège, en Israël et auprès de différents organismes internationaux. 

Quoique naturalisé français en 1931, il demeure un fervent patriote et fait partie, en 1935 avec Albert Rakoto-Ratsimamanga, des membres fondateurs de l’Association des Étudiants d’Origine Malgache (AEOM), la pépinière des patriotes malgaches de l’extérieur. Il est également à l’origine de la création du Foyer des Étudiants Malgaches, un prolongement social et culturel de l’AEOM, dont il établira les plans de construction en 1936. Pierre Razafy-Andriamihaingo était un des grands intellectuels malgaches du XXè siècle.

Tous les soldats n’ont pas connu un destin aussi heureux. De nombreux malgaches combattant au sein des unités ont connu les mesures « de blanchiment » des formations coloniales, dès l’hiver 1944, et affectés dans des groupements coloniaux au sud de la France. Progressivement démobilisés à partir de 1946, aucune compensation ou indemnité n’est décidée pour eux. Face à cette injustice, et la non-reconnaissance de leurs contributions à la guerre de libération, les anciens soldats se révoltent.
Non seulement les anciens combattants avaient perdu l'illusion de l'invincibilité de l’autorité coloniale, mais un ressentiment envers les Français s’est développé, rapidement récupéré par les politiciens nationalistes malgaches. Ainsi, lorsque la révolte éclata en mars 1947, de nombreux vétérans prirent la tête de groupes rebelles, forts de leur expérience de la guerre et leur volonté de rompre les liens qui unissaient d'autres vétérans africains à la France.

Dans la région Sofia, les révoltés nationalistes comptaient dans leurs rangs les soldats Mahafaly et Levintsy, tous deux natifs de Maroadabo, situé dans le canton d’Antsakabary (Bealanana). Le Tirailleur de 2ème classe Levintsy a participé au débarquement raté de Dakar en 1940.

À Mananjary, deux anciens combattants figurent parmi les combattants nationalistes avec Ralaivao Joseph. Se référer également aux recherches de Bernardin Radaniarson.

"Ce ne sont pas les Français de France qui ont gagné la guerre mais nous, les Africains...". Ce seront les mots de la fin. Ils sont de Joseph Rasoamoza, un ancien combattant de la Seconde guerre mondiale, dans le film “Tirailleurs malgaches” de Bernard Simon, un documentaire qui part à la recherche de ces oubliés de l’histoire après leur retour d’Europe.

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